Still Alive

A la recherche de Moby Dick

Il est de ces animaux mythiques dont on ne sait s’ils ont (ou s’ils vont) réellement exister, la baleine blanche Moby Dick en est un exemple, le monstre du Loch Ness, le Yeti, le Dahu, il en existe des dizaines. Même les dinosaures font partie de notre imaginaire mythiques, monstres de la préhistoire, Mammouths et autres rhinocéros poilus. Le surdimensionné nous interpelle: Gulliver, Micromégas, Trolls, Dragons et Calamars géants. Faut-il réaliser les mythes? Matérialiser les phantasmes? Peut-on expérimenter l’extraordinaire?

Great stuffed rabbit n’est pas de ce monde-ci, des lapins pareils n’existent que de l’autre côté du miroir. Alors cette pièce permet d’entrouvrir cette porte sur le fantastique. Mais tout a un prix et Great stuffed rabbit n’est pas une peluche, mais bien un lapin naturalisé ou plutôt 600 lapins cousus et assemblés pour créer ce monstre.

GREAT STUFFED RABBIT, 2006
500 x 230 x 2000 cm, taxidermie de 600 peaux de lapins
Galerie Synopsis m, Lausanne

Great Stuffed Rabbit and other Tales

Toujours dans l’exploration de la frontière entre l’ordinaire et l’extraordinaire, je me suis intéressé au changement d’échelle. Comment un simple lapin agrandi 10 fois devient un animal mythique et peut nous emmener dans une série de narrations. Une pièce qui suscite des explications. D’où ? Pourquoi ? Comment est-il arrivé ici ? Pour expliquer son existence nous avons recours à des légendes, Moby Dick, le Lapin Géant, Gulliver. Tous ces personnages rendus célèbres par leur taille hors norme. D’où un questionnement sur nous-même et notre propre échelle. Great Stuffed Rabbit est réalisé en vraie fourrure de lapin (plus de 600 pièces) car il s’inscrit dans un cycle de vie et de mort comme tous les êtres. Ce n’est pas une peluche, mais il pour lui donner vie il a fallut prendre des vies. Moment délicat où la tendresse rencontre la cruauté.

Rabbit Tales racontent des histoires de lapins géants sur des peaux, gravées au laser. Des scènes préhistoriques de chasse, le laboratoire du docteur Frankenstein, St Georges terrassant le Lapin géant, des expériences de génétiques, toutes ces histoires mettent en scène des lapins et des hommes. Chassé, élevé, caressé, tantôt peluche, tantôt viande, tantôt animal d’expériences scientifiques, le lapin a un statut multiple et contradictoire.

Black Tales sont des animaux sacrifiés sur l’autel du boucher. Moulés et reproduits en céramique noire, ils revendiquent le statut d’objet qu’acquiert un corps privé de vie. Ce passage de l’animal à l’objet est amplifié par le matériau froid, presque métallique. Si Jeff Koons sublime le lapin en ballon gonflable, ici la fête est terminée et il ne reste que les abats. Trophées faciles.

Expositions :